Lutte Sud-étudiant Vaucluse

Publié le par cenetistes84

SUD étudiant École d'Art d'Avignon

Blog des étudiant/e/s de l’École Supérieure d'Art d'Avignon adhérent/e/s ou sympathisant/e/s du syndicat SUD Etudiant.

Nous sommes un collectif d'étudiants de l’École Supérieure d'Art d'Avignon (ESAA). Nous dénonçons les très nombreux dysfonctionnements de notre école et les abus de pouvoir de son directeur.

Élection d'un représentant étudiant annulée, clientélisme, management par la terreur, harcèlement moral et physique, sexisme...L'école d'art d'Avignon est un concentré de ce qui peut se faire de pire en matière d'abus de pouvoir et de mépris à l'encontre des étudiants.

Depuis que nous avons commencé à dénoncer le climat au sein de l'école, les pressions s'accentuent, culminant lors d'un dépôt de plainte au commissariat à l'encontre du directeur, notamment pour les faits de harcèlement dénoncés : refus de prendre les plaintes, accusations répétées de « mythomanie », présence de policiers en civil de la DCRI, intervention du commissaire...
 

Malgré les coups portés par ceux qui tiennent à maintenir coute que coute leur rôle de petits chefs et de serviteurs d'un enseignement policier de l'art des élites, nous tiendrons bon.

La mairie préfère investir massivement de l'argent public pour mettre en valeur la collection privée d'un milliardaire plutôt que d'assurer la survie d'une école. Notre lutte a révélé aux yeux de tous le mépris des pouvoirs publics pour l'école et ses étudiants.

Nous maintenons les exigences suivantes:
- passage en second cycle de tous les étudiants de L3 diplômés.
- définition claire et précise des modalités d'admission en second cycle pour les années à venir.
- La garantie de locaux stables et en adéquation avec les besoins de l'école pour le déménagement.
- Le renvoi par le C.A. de Mr Ferrari pour tous ses manquements et ses abus dans la gestion de sa fonction.
- La nomination par le C.A. d'un nouveau directeur, sur appel à projet. Celui-ci devra être quelqu'un d'extérieur à l'ESAA et à la ville d'Avignon.
- La mise en place d'un véritable projet d'établissement élaboré en concertation juste et démocratique avec les différents acteurs de l'école.
- Une réelle mise à plat du fonctionnement de l'ensemble de l'école.

SIGNEZ LA PETITION !

http://www.petitionenligne.fr/petition/petition-des-etudiants-de-l-ecole-d-art-d-avignon/2673

 

Compte rendu de la Rencontre de « médiation » du vendredi 7 septembre

 

Entre

              le « groupe de travail », constitué autour de :

              Pierre OUDART, Directeur adjoint chargé des arts plastiques  à la DGCA - Direction Générale de la Création Artistique,

              Jacques BAYLE, Inspecteur de la création et des enseignements artistiques,  chargé de la mission d'inspection « en cours d'achèvement »,

              Denis LOUCHE, DRAC – Directeur Régional de l'Action Culturelle,

              Marc Ceccaldi, DRAC Adjoint,

              Laurent REYNIER, responsable du personnel de la Mairie d'Avignon, représentant Marie-José ROIG, Maire d'Avignon, Présidente de l'EPCC – ESAA, Établissement Public de Coopération Culturelle de l’École Supérieure d'Art d'Avignon.

              Et

              les étudiants-es en lutte de l'ESAA – École Supérieure d'Art d'Avignon et les représentants de SUD Étudiant Vaucluse et SUD Éducation Vaucluse,

              Anaïs SARDOU, étudiante L3 création, évincée par la « commission  d'orientation et d'accès au second cycle 

               SUD Étudiant Vaucluse,

              Laurent SANTI, étudiant L3 création, Président de SUD Étudiant Vaucluse, évincé par la « commission d'orientation et d'accès au second cycle »,      

                Jacques MAIRE, Professeur de Lycée Professionnel en Génie Énergétique, Co-secrétaire départemental de SUD Éducation Vaucluse,

                Pierre JOURLIN, Enseignant-chercheur en informatique, Co-secrétaire  départemental de SUD Éducation Vaucluse

               Préambule :

           Les étudiants sont informés, par téléphone, le mardi 4 septembre, veille de la rentrée des enseignants, par le secrétaire général de l'ESAA, Didier Herbet, qu'ils seront reçus le vendredi 7 septembre à 14h30 par une instance de conciliation.

          Les représentants de SUD Éducation Vaucluse sont informés le mercredi 5 septembre, à l'occasion de leur déplacement en délégation, devant l'entrée de l'école, par le secrétaire général de l'ESAA, Didier Herbet, qu'ils seront reçus le vendredi 7 septembre à 10h30 par une instance de conciliation.

 

Les représentants syndicaux et les étudiants indiquent à Monsieur Herbet qu'il n'est pas question qu'ils soient reçus séparément ; si cette proposition restait inchangée, ils ne se rendraient pas à ces rendez-vous.

 

Jeudi 6 septembre dans l'après-midi, Didier Herbet confirme un rendez-vous commun aux étudiants et syndicats pour le même jour, à 15h30.

 


Déroulement :

La rencontre débute par une introduction de Monsieur OUDART, qui insiste pour poser le cadre de la mission qui lui a été confiée, il poursuit son introduction en expliquant ce qu'est un EPCC – Établissement Public de Coopération Culturelle ; la mission d'inspection de Monsieur BAYLE est évoquée, Monsieur OUDART explique que la procédure administrative liée à cette inspection suit son cours, que le rapport d'inspection ne pourra être rendu public, puisqu'il concerne en particulier le directeur de l'école, même si ce rapport ne doit pas être considéré comme « secret ».

Il n'est pas fait mention des précédents engagements de Monsieur BURDEYRON, alors Préfet de Vaucluse et de Madame ROIG, Maire d'Avignon, Présidente de l'EPCC – ESAA, qui promettaient la publication de ce rapport fin juillet 2012.

Monsieur OUDART donne la parole à Monsieur BAYLE, afin que celui-ci délivre oralement « la teneur » de son rapport.

Monsieur BAYLE évoque d'emblée l'origine de la mobilisation des étudiants-es au sein de l'école, la « commission d'orientation et d'accès au second cycle » 2012 : il explique que son rapport indique que le « cadre réglementaire » a été respecté, que les membres de cette commission étaient bien ceux prévus dans les textes, que le directeur de l'école, même s'il n'avait pas participé personnellement à cette commission, avait donné délégation à un

 

représentant : « la commission était légitime ».

 

Il étaye ce point de vue par la position du « corps enseignant » de l'école, connue le matin même.

Monsieur BAYLE ose quand même dire qu'il y aurait eu « des malentendus ».

Monsieur BAYLE précise ensuite que son rapport préconise la tenue d'une « nouvelle commission », composée des mêmes membres, recevant les étudiants-es précédemment évincés-es ; cette commission pourrait offrir des « places supplémentaires » en second cycle, en fonction des désistements enregistrés par l'école depuis le mois de juin.

Monsieur BAYLE nous indique que le « corps enseignant » de l'école, entendu le matin même, préconise lui-aussi la tenue d'une « nouvelle commission ».

Nous intervenons pour rappeler les éléments que nous avions déjà avancé en juin, démontrant l'illégitimité manifeste de cette commission.

Anaïs SARDOU détaille le déroulement de son audition personnelle à l'occasion de son passage devant les membres de la commission ; elle détaille encore l'entretien individuel qu'elle a obtenu pour comprendre les raisons de son éviction.

Nous précisons avoir confié depuis le mois de juin ce dossier particulier à notre avocat, Maître Philippe MOURET, afin que celui-ci engage une action devant le Tribunal Administratif.

Nous dénonçons l'utilisation faite dans cette réunion aujourd'hui de l'expression pour nous fantasmatique de « corps enseignant » au sein de l'ESAA :

 

  •  
    • un « corps enseignant » réuni la veille, dans une réunion comprenant 14 membres, alors que le site internet officiel de l'ESAA précise : 30 enseignants permanents, 60 intervenants extérieurs,
    • un « corps enseignant » gangrené par le fonctionnement clanique du directeur Jean-Marc Ferrari, un « corps enseignant » pour partie constitué de personnels très clairement acquis à sa cause, un « corps enseignant » au sein duquel des enseignants ou artistes-invités, pourtant titulaires d'un contrat annuel, n'ont rempli aucune mission d'enseignement au sein de l'école durant l'année écoulée, un « corps enseignant » enfin régulièrement débarrassé des gêneurs et insoumis, ainsi qu'en attestent les témoignages en notre possession,
    • un « corps enseignant » manifestement et profondément divisé, qui aujourd'hui encore n'a aucune position officielle sur la question du départ ou du maintien du directeur Jean-Marc Ferrari,
    • un « corps enseignant » qui de toutes évidences, ne dispose pas de sa liberté de parole sur certains sujets ; nombre d'enseignants nous informent depuis de longues semaines, nous exposent leur point de vue personnel, insistant sur leur indispensable anonymat,
    • un « corps enseignant » qui comprend en son sein des personnels témoins directs ou informés de certains des agissements du directeur Jean-Marc Ferrari, s'agissant de harcèlement moral comme de harcèlement sexuel.

 

Nous insistons pour faire enfin entendre la voix des étudiants-es évincés-es : cette commission était évidement illégitime : de très nombreux éléments le démontrent ; il ne peut être question d'accepter la tenue d'une nouvelle commission.

Nous notons ici le caractère particulièrement incongru de la proposition, bizarrement conjointe, de Monsieur BAYLE et du « corps enseignant » de l'école, proposant la tenue d'une « nouvelle commission » ou « commission de rattrapage », alors que tous deux affirment la légitimité de la commission initiale.

Nous questionnons malgré tout Monsieur BAYLE pour lui demander de préciser les détails de sa préconisation : combien de places seraient offertes aux étudiants-es par cette « nouvelle commission » ?

Celui-ci n'est pas en mesure de nous répondre, un point devrait être fait avec l'administration de l'école pour préciser cet élément.

Nous refusons nettement la proposition avancée : les dégâts occasionnés doivent être réparés, les étudiants-es évincés-es par cette commission éminemment illégitime doivent TOUS-TES être admis-es en second cycle. Nous précisons que TOUS-TES les étudiants-es évincés-es qui souhaitent  aujourd'hui poursuivre leurs études au sein de l'ESAA doivent y être autorisés-es : des 15 étudiants-es écartés-es au mois de juin, il n'en reste aujourd'hui plus que 5 encore dans l'attente de leur intégration : 10 étudiants-es abîmés-es pour certains-es, tous-tes maltraités-es, cassés-es pour d'autres, tous-tes probablement dégoûtés-es, ont soit arrêté définitivement leurs études, soit organisé une poursuite d'études ailleurs, soit bifurqué.

Leur intégration sans condition est de fait beaucoup plus simple à réaliser ; la décision sur cette question doit être prise très rapidement, afin que les 5 aujourd'hui dans l'attente ne désespèrent pas indéfiniment.

Monsieur OUDART nous indique que notre position sur cette question est prise en compte.

Monsieur BAYLE précise encore, pour terminer sur la « teneur » de son rapport : nombre de « cafouillages », de « ratés », au sein de l'école doivent être identifiés et des solutions doivent être apportées. Le manque de moyens et de personnels est pointé, les récentes créations de poste au sein de l'école, un agent à la « Coordination des études », un autre « chargé de communication / partenariats » devraient selon l'inspecteur corriger une part de ces défauts.

 

Nous questionnons Monsieur BAYLE sur le contenu de son rapport :
  •  
    • Rien ne figure sur la gestion et le fonctionnement du directeur Jean-Marc Ferrari, rien sur le favoritisme, rien sur le clientélisme, rien sur les abus de pouvoir, rien sur le harcèlement moral, rien sur le harcèlement sexuel, rien.
    • Rien sur la question de l’annulation arbitraire des élections des représentants étudiants-es au conseil d'administration.
    • Rien sur la tentative de délivrance d'un diplôme DNSEP Restauration à une étudiante favorite, organisée par le directeur Jean-Marc Ferrari.

Monsieur OUDART nous déclare que les étudiants-es, dans leurs revendications, demandent « le renvoi » du directeur : il croit devoir nous expliquer que l'emploi de ce terme interdirait toute solution simple ; il y a des procédures administratives, il faut respecter le droit, le directeur a lui aussi le droit d'être défendu par des syndicats, les procédures sont complexes. Nous aurions du saisir par courrier la Présidente de l'EPCC – ESAA, Madame ROIG, afin de lui faire part de nos demandes.

Nous indiquons avoir écrit à de multiples reprises à Madame ROIG, Maire d'Avignon, Présidente de l'EPCC – ESAA ; notre dernier courrier recommandé adressé le 21 août n'ayant lui non plus trouvé une quelconque réponse.

Nous répondons à Monsieur OUDART que la solution technique à mettre en œuvre sur cette question n'est pas de notre ressort, que les administrations savent trouver chaque fois que nécessaire des solutions adaptées ; compte tenu de la quantité et de la gravité des éléments accumulés, le directeur Jean- Marc Ferrari doit être mis à pied par « mesure conservatoire » le plus tôt  possible, le Conseil d’Administration du 25 septembre pourra ensuite se prononcer.

Cette mesure doit être prise par la Présidente de l'EPCC – ESAA, Madame ROIG, Maire d'Avignon.

Monsieur OUDART répond qu'il est aussi possible que cette même décision puisse être prise sous couvert d'une « mesure de protection ».

Monsieur OUDART rajoute qu'il est « très inquiet », que la situation est maintenant « très grave », qu'il doit se poser la question de la « sécurité des personnes ».

Il nous informe que le site internet de l'ESAA aurait été « piraté », que des images choquantes ou dégradantes auraient été publiées, que des personnels de l'école auraient été « menacés », que certains auraient reçu des « menaces de mort » par téléphone ou par Mél, que des « personnels administratifs » avaient mis en œuvre leur « droit de retrait ».

Monsieur OUDART nous indique ne faire aucun amalgame entre ces faits et la lutte des étudiants-es.

Nous précisons que notre lutte et nos pratiques syndicales ne sauraient exploiter ce type de procédés, que nous dénonçons en particulier les menaces et pressions exercées par le directeur Jean-Marc Ferrari, et que nous ne saurions autoriser de tels agissements.

Pour conclure, nous insistons sur l'urgence des décisions à prendre, sur l'impératif de nos deux revendications principales, à savoir l'intégration de TOUS-TES les étudiants-es évincé-es et le renvoi du directeur Jean- Marc Ferrari.

 


Monsieur OUDART nous indique ne pas être dans la capacité de faire de promesses, mais qu'il tentera de nous répondre au plus tard le 18 septembre.

 


Commenter cet article