Prison : rappel.

Publié le par cenetistes84

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MARS 2012 : «  Et le soleil n'est toujours pas pour toutes et tous »

 

Non à la misère en héritage ou quand ce sont toujours les mêmes qui trinquent.

Non à la peine de mort dans les prisons françaises et ailleurs...

Non à la fatalité de la prison pour les pauvres, précaires, déclassé-e-s, révolté-e-s, militant-e-s.

Non à l'enfermement jusqu'à la mort pour nous tou-te-s.

Non à l'impunité pour les gouvernants, riches qui s'engraissent toujours plus de la misère

sociale et économique.

Non à l'injustice : le capitalisme n'est pas malade, il est la maladie.

 

La démocratie est malade des politiques de la sécurité et de la peur, des politiques de la loi du marché qui nous privent de nos libertés.

 

Tou-te-s concerné-e-s.

 

La lutte des classes doit être menée et à commencer par la lutte contre l'enfermement généralisé et banalisé, par la lutte contre l'entreprise pénitentiaire.

 

9 octobre 1981 : Abolition de la peine de mort en France.

30 ans plus tard, la vie a-t-elle changé ????

 

Le saviez-vous ?

 

  • La prison tue les prisonnier-e-s condamné-e-s à 15, 20, 30 ans de réclusion, ceux/celles condamné-e-s à des peines incompressibles et à perpétuité.

  • La prison tue les prisonnier-e-s enfermé-e-s dans les quartiers d'isolement (QI).

  • La prison tue les prisonnier-e-s enfermé-e-s dans les quartiers disciplinaires (QD)

  • La prison tue les prisonnier-e-s malades, même quand ils/elles sont libéré-e-s juste avant.

  • La prison suicide de plus en plus les prisonnier-e-s. Un suicide ou mort suspecte tous les 3 jours !

  • La prison tue les proches et les familles de prisonnier-e-s.

  • La prison tue une génération de jeunes.

 

Quand la justice pénale rime avec acharnement, vengeance et destruction de l'individu, elle signifie répression et arbitraire.

Ce n'est pas en créant par la violence, de nouvelles victimes qu'on engendre la justice civile et la paix sociale.

 

L'enfermement se banalise, ¼ des taulards sont en préventive, en attente d'un jugement et s'entassent dans les prisons au mépris de la présomption d'innocence ; aucune alternative à l'incarcération n'est envisagée.

Au contraire, le taux de surpopulation carcérale est de 115% en 2011 et le gouvernement prévoit comme unique solution la construction encore de nouvelles prisons ! Jusqu'à 100.000 places de prison pour 2017 !!!

 

Si toutes les personnes incarcérées ayant droit à un aménagement de peines en bénéficiaient, il n'y aurait pas de surpopulation carcérale car cela concerne 80% des détenu-e-s !!! Alors pourquoi affecter 3 milliards et demi d'euros à la « rénovation » du « parc carcéral » et à la construction de nouvelles prisons ??

POUR LES REMPLIR !!!

La prison crée la récidive et le gouvernement anticipe encore et encore sur la recrudescence prévisionnelle de la délinquance !! Il renverse la cause et l'effet !!

Il reconnaît dans ses rapports l'efficacité de l'aménagement des peines mais prévoit pour ceux et celles concernées : des places de prison !!!

Logique schizophrène destructrice des êtres. Des êtres considérés d'emblée comme des rebuts de la société.

 

La prison peut tou-te-s nous toucher, sauf ceux/celles « immunisé-e-s «  par le fric.

Nous n'avons pas à choisir entre les victimes des délits et des crimes et celles crées par l'Etat : la souffrance est la même pour toutes celles et tous ceux qui sont les proies des politiques de la peur et du profit qui créent la misère et la révolte.

 

Quand la justice pénale rime avec exploitation, elle signifie aussi, arbitraire.

 

Le saviez-vous ?

 

Plus de 16.000 taulards en moyenne, travaillant chaque années sans contrat de travail (le travail n'est plus obligatoire dans les prisons françaises depuis 1987), ce qui signifie : pas de SMIC, pas de congés payés, pas de droit syndical, pas d'arrêt maladie, des droits à la retraite minables, le seuil de rémunération est de 3,27 à 3,54 euros, 300 euros par mois pour 6h par jour de taf. Le travail en prison est une délocalisation à domicile !!

 

Politique du profit disions nous ?

EADS, Yves Rocher, BIC, l'Oréal notamment ont recours au travail des détenu-e-s !! A ce prix là, pas de raison de se gêner ?

 

Et saviez-vous aussi qui construit les prisons ?

 

BOUYGUES, EIFFAGE, GEPSA (filiale de SUEZ), SIGES (filiale de SODEXO), IDEX (1er groupe français spécialisé dans les services à l'énergie et à l'environnement), SPIC BATIGNOLLES, DUMEZ (VINCI construction).

 

Depuis 1987, l'Etat a ouvert le marché des prisons au secteur privé, le ministère de la justice a ainsi offert un marché très juteux aux ...MULTINATIONALES ! Si les fonctions de direction, surveillance et greffe restent aux mains de l'Etat, TOUT LE RESTE EST PRIVATISABLE ! Ce partenariat permet aux grosses boîtes privées de concevoir et réaliser la construction des établissements pénitentiaires, l'Etat s'engage alors à verser un loyer sur une longue durée de plusieurs décennies ! 2 exemples : BOUYGUES, le leader du bâtiment mondial, en 2008 a raflé pour 40 millions d'Euros le marché de 3 centres pénitentiaires, l'Etat s'est engagé pour 27 ans à payer un loyer ; EIFFAGE, un contrat de 14 établissement pénitentiaires en 2007, pour 69 MILLIONS d'Euros, l'Etat va payer pendant presque 30 ans un loyer annuel de 9 MILLIONS d'Euros !!!!!

Sans parler des problèmes de conception de ces prisons semi-privées où l'exigence de RENTABILITE INCOMPATIBLE avec l'exigence de « qualité » ont déjà causé des pannes des circuits électriques et mis hors circuit le chauffage, l'ouverture des portes, l'éclairage (par ex à Roanne en 2008).

 

Politique de la peur disions-nous ?

A grand coup médiatique sur des faits divers sanglants, la population est harcelée à adhérer au tout répressif en lui laissant accroire que des milliers de monstres sanguinaires courent dans les rues; il faut le dire, il n'y a pas de monstres nés mais des actes monstrueux perpétrés par des personnes malades qu'il faut soigner ; rendues malades, fragiles, par l'abandon des politiques de prévention, par l'abandon à la misère morale et sociale.

Les personnes incarcérées pour des crimes odieux ne représentent que 0,5% de la population carcérale, soit 300 à 350 sur les 66.000 détenu-e-s. Répétons le : 80% des détenu-e-s le sont pour des délits, non pas des crimes et pourraient bénéficier d'un aménagement de peines mais la logique sécuritaire préfère exclure et prétend avec une hypocrisie éhontée , REINSERER ! Un système complètement idiot mais ...MEURTRIER !!

 

Enfin, quand la justice pénale rime avec aliénation, elle signifie encore, arbitraire.

Les prisons françaises regorgent de prisonnier-e-s malades (combien ? Peut-être ¼, voire 1/3);regorgent de celles et ceux qu'elle a rendu malades, qui ne peuvent encore moins que les autres « tenir » en prison, pour seule réponse encore plus de répression : isolement, camisole chimique, incarcération en hôpital psychiatrique où on demande au personnel soignant d'être des matons.

Exemple de Laurent Orsini, transféré en août 2011 à Montfavet en AMD à la suite de plusieurs tentatives de suicide.

La prison est comme le thermomètre démocratique de nos sociétés...

Les politiques tendent à toujours justifier la prison, l'enfermement, la mise sous contrôle de toutes celles et de tous ceux qui n'ont pas de place pour y vivre mais seulement survivre en leur imposant la survie à l'intérieur des murs.

Ne nous méprenons pas, le système pénitentiaire dans la logique du système capitaliste qui l'enfante, s'inscrit dans la recherche de rentabilité où les charges sont sociales et les profits privatisés, moyen de régulation sociale, il concerne tou-te-s les démuni-e-s, laissé-e-s pour compte et toutes celles et ceux qui refusant sa logique mortifère sortent des clous, refusent de ramper, de vivre à genoux.

 

La prison est déjà aussi dehors : le placement sous surveillance électronique (PSE), le contrôle social, le racket de la finance, l'autocensure, l'indifférence de ceux et celles que plus rien n'offusquent et bien sur la peur en déployant tout l'arsenal de la haine, le ressort du péril des identités, de la crise, en créant ainsi l'insécurité sociale et en fomentant par le sentiment d'insécurité la libération populiste de la pulsion sécuritaire qui exige des victimes émissaires. Une manipulation que nous dénonçons pour stopper cette fuite en avant suicidaire, paravent du système capitaliste qui a besoin de notre caution, sans lequel il serait compris pour ce qu'il est : un système qui par essence crée la misère et l'exclusion sans lesquelles AUCUN PROFIT n'est possible !

 

Refusons notre enferment, recouvrons notre liberté en inventant des mondes où la cohésion du peuple, forte de sa puissance, sache dire non au carcéral en disant oui à la justice socioéconomique et en menant la lutte des classes, seul moyen d'être tout-e-s des citoyens.

 

NON à la peine de mort : ouvrons nos yeux et nos oreilles pour voir et entendre le sort réservé à celles et ceux qui sont à l'intérieur des murs ...

C'est notre propre sort qui est aussi en jeu.


 

Si la peine de mort a été abolie en France, la prison continue pourtant à tuer.
C’est pour informer, dénoncer et témoigner notre solidarité aux prisonniers et à leur famille que le 3 mars 2012 à 14h30 nous nous rassemblerons devant le centre pénitentiaire du Pontet.

Pour prolonger la réflexion sur « à quoi sert la prison » nous organisons le 8 mars à 20h, à la salle de l’antichambre de la Mairie d’Avignon, la projection du film « Qui prier pour oublier ? » suivie d’un débat en présence du réalisateur Ekin Ercan, de 2 des protagonistes du film Marc Sluse et Jean-Marc Mahy ex détenus-militants ainsi que de Alain Cangina président de l’association PJ2R, ex détenu-militant-conteur.
Qu'on se le dise !

 

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